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Sylviculture et destruction de la nature

 

 

 

IMPACT DE LA SYLVICULTURE SUR LA BIODIVERSITE

prunier.daniel@orange.fr

 

 

         Les publications consacrées à la forêt abondent depuis quelques années car le sujet est à la mode. Mais beaucoup font en réalité la promotion d'une sylviculture industrielle qui appauvrit la nature. L’usager est choqué par des traitements sylvicoles qui défigurent l’espace forestier sur d'immenses surfaces mais pense que c'est peut-être un mal nécessaire. Nous sommes habitués à voir ce genre de spectacle sous les tropiques, chez les "crève la faim", sans nous rendre compte que chez nous c'est presque pareil. Ce désastre n’est pas seulement visuel. Il atteint la structure profonde de la forêt et provoque l'extinction massive d'espèces animales pourtant protégées par la loi. La forêt riche et variée fait place à un boisement banalisé et pauvre. De multiples cris d'alarmes ont été lancés par les naturalistes, mais rien ne semble entamer l’indifférence des forestiers envers notre patrimoine naturel. La raison est simple : la forêt est une entreprise qui rapporte et pour qu'elle produise plus, il faut en détourner toutes les ressources vers la production du cubage maximum. Qu’on soit forestier ou naturaliste, la forêt ne remplit pas le même rôle.

 

         Citation d’un forestier : " ….la biodiversité est un obstacle a la sylviculture……"

 

 

Sont incriminés principalement :

                - les coupes rases.

         - le labour.

         - l'enrésinement et la substitution d'essences.

         - les traitements chimiques.

         - la culture en tranche d'âge et l'abattage prématuré.

         - les drainages.

 

 

      

Qu'est-ce qu'une belle forêt ?

        

         Qu’on se place du côté du forestier ou du naturaliste, le concept de " belle forêt "  revêt un sens différent pour ne pas dire opposé.

 

Ft de Cluny F-71 (1995). Voici ce qui attend les forêts françaises. En bleu, les parcelles plantées en sapins de Douglas, en lieu et place d'une futaie subnaturelle variée qui contient normalement 35 essences ligneuse.

Ft de Cluny F-71 (1995). Plantation de Douglas plus rentable que les feuillus.Le Douglas est un couvert très riche dans sa patrie d'origine, l'Amérique du Nord, mais il devient une catastrophe écologique majeure lorsqu'il  remplace nos essences indigènes. Il anéantit la faune et flore qui avaient survécu jusqu'à nous.

        

        

 

Pour le forestier : Une belle forêt est un boisement bien ordonné, où les fûts bien alignés sont calibrés et classés par parcelles. Chaque essence,

judicieusement choisie occupe le sol où elle produira le cubage maximum. Elle est simplifiée à l’extrême afin d’en rendre l’exploitation plus facile. Tout intrus sans valeur commerciale n’y a pas sa place car il occupe un espace qui pourrait être dévolu à un arbre utile. La forêt ne représente qu' un stock de bois sur pied.

 

 

Ft de Fontainebleau F-77, Rte de Milly, (parcelle 146)(2009)

Ft de Fontainebleau F-77, Rte de Milly, (parcelle 137)(2009).

 

 

        

                     Pour le naturaliste : Une belle forêt est avant tout riche en espèces. Elle a une structure proche de l’équilibre naturel donc complexe où intervient la multitude d’êtres vivants qui la peuplent normalement. Cette complexité naturelle garantit sa stabilité. Qu’un élément vienne à faiblir, il est aussitôt remplacé par un autre ; l’édifice ne s’effondre  pas car toutes les essences ne sont pas vulnérables en même temps aux mêmes attaques. Dans un peuplement homogène ( même essence et même age ) tous les arbres sont vulnérables en même temps. La forêt est avant tout un patrimoine naturel et non une exploitation agricole.

         Le forestier est à la forêt ce que le peintre en bâtiment est à la peinture artistique (sauf que lui ne se permet pas d’aller barbouiller les œuvres du Louvres avec son rouleau ). La simplification, l’uniformisation, le traitement en grande surface, sont pour lui le moyen facile d’accéder à son objectif : le rapport maximum. Peu lui importe les espèces qu’ il détruit. Leur existence l’ indiffère. Par contre, il ne peut ignorer que ce qu’il fait est néfaste, puisqu’on le lui dit depuis longtemps, mais tel un garnement, il le fait quand même car il se croit invulnérable. Il sait qu’ une coupe rase c’est pas bien, mais il se justifie en prétendant qu’il va replanter après, tout en sachant que la forêt sera définitivement défigurée. Il modélise la forêt sur sa propre structure mentale, c’est à dire qu’ elle doit être simple. Mais qui dit simple dit pauvre. Sa culture forestière se résume en général à dix noms d’ essences dont il connaît par contre parfaitement le mode d’emploi pour les amener à leur optimum de production. Mais la faune associée à l’essence qu’ il cultive est sans intérêt pour son objectif. Pour lui, le destin naturel de l’arbre est de finir débité en planches. Drapé dans ses certitudes et sa suffisance, le forestier saccage chaque jour un peu plus la nature qu’ il prétend défendre. Pourquoi cet acharnement à se promouvoir défenseur de la nature ? Il se comporte comme ces parents maltraitants jurant bichonner leurs enfants en mentant effrontément. S’il la défendait réellement, il n’aurait pas besoin de le proclamer aussi haut. Un mensonge crié fort n’en est pas pour autant une vérité. Il est en proie aux critiques d’un public de plus en plus averti, qu’il essaye de convaincre avec des arguments grossiers et paradoxaux qui bousculent le simple bon sens. S’ il concède quelques miettes protectrices à la nature, il les exhibe ostensiblement pour accréditer l’ image de protecteur qu’il veut se forger dans l’opinion. S’ il protégeait réellement la nature, ça se verrait et il n’aurait pas besoin de le prouver avec tant d’énergie. Ce n’est pas pour le bien de la nature qu’il  " soigne " la forêt mais bien pour en tirer le maximum. Donc il faut mentir toujours plus, jusqu’à l’ absurde, et défendre l’ indéfendable. Il faut vendre une nature qui se vide pour une nature préservée. Les naturalistes et autres observateurs ont remarqué depuis longtemp la tricherie.

         Jusqu’à une période récente, les forêts avaient une structure subnaturelle, c’est à dire proche de la structure spontanée. A présent, nous sommes passés au stade de l’artificiel, de la rationalisation. Toute la technologie, l’agrochimie, la génétique qui ont fait leur œuvre dans l’agriculture font irruption dans la sylviculture. Les effets apparaissent aujourd’hui dans nos forêts comme dans les champs de colza : la vie sauvage s’éteint.

 

Ft de Bs d'Arcy F-78  (parcelle 1)(2007)

Un couvert varié en âges et en essences est plus stable et plus riche

qu' une plantation banalisée.

Ft de Beynes F-78 (parcelle 8)(2007).

Futaie mélangée, ancien taillis sous futaie.

 

 

 

En résumé :  La nature est en bien mauvaise posture. On l’ a confiée à ses destructeurs, qui eux, sauront la plier aux exigences de l’industrie. Quant aux naturalistes, ils encombrent le débat avec leurs considérations saugrenues au regard des préoccupations du marché.

         Quoi qu’ il en soit, les forestiers devront un jours répondre de l’état dans lequel ils auront transmis la nature aux générations futures.

 

Une nature appauvrie, banalisée, sans charme ou ne sera conservé que  l' utilitaire.

 

DETAIL DES TRAITEMENTS SYLVICOLES

                 Ces traitements que l'on croyait réservés à l'agriculture sont maintenant appliqués à grande échelle dans presque tous les massifs forestiers. Les forêts variées laissent place à des peuplements standardisés dont l'unique objectif est de fournir du bois à usage commerciale. Toutes les mesures "pro-nature" de l'ONF ne servent qu'à masquer la destruction du reste.

         L'impact n'est pas seulement visuel. Ces traitements atteignent la forêt en profondeur et l'appauvrissent gravement.

         Schématiquement, rappelons qu'une forêt naturelle comprend de nombreuses espèces ligneuses, arbustives, herbacées. La strate ligneuse réunit tous les stades de développement de chaques essences depuis la plantule jusqu'à l'arbre mort. La sylvigénèse ou régénération se fait par petites places au gré d'un vieillissement dispersé et d'accidents climatiques ( tempêtes, sécheresse...). Cette régénération en mosaïque conserve une aspect globalement stable à la forêt. Chaque stade de développement abrite une flore et une faune spécifique. En se substituant à la nature, le forestier élimine certaines structures naturelles et les espèces qui en dépendent. En simplifiant la forêt, il réduit la biodiversité et atteint en premier lieu les espèces les plus spécialisées et les plus sensibles. Ne survivent que les espèces les moins exigeantes et les plus banales. Bien que la forêt soit exploitée de longue date, jamais on avait observé de traitements aussi destructeurs même en temps de guerre. Il est bien loin le temps où le forestier imitait la nature et hâtait son oeuvre.

         Il convient, pour apprécier la richesse naturelle d'un milieu,  de choisir des bioindicateurs reflétant avec le plus d'acuité son état de conservation. Les insectes constituent d'excellents témoins et le nombre d'espèces présents est  proportionnel à la variabilité du milieu et à son ancienneté. Un milieu secondairement reconstitué peut faire illusion mais n'a aucune chance d'être recolonisé par les espèces fragiles s'il n'est pas à proximité d'un milieu déjà peuplé. Chaque intervention forestière entraîne des perturbations de l'écosystème et la disparition d'espèces.  

 

Ft de Fontainebleau F-77 "Bas Bréau " (parcelle 878)(1982).

La coupe rase est le niveau zéro de la sylviculture.

La destruction est maximum.

Ft de Montmorency F-95 (parcelle 127)(mai 2004)

Coupe et plantation dans manchons plastiques.

Ft de Fontainebleau F-77, Photo CPNF : bordure de la RN7

( arrière plan : le Gros Foutau )

Destruction en bordure d'une réserve biologique. Pose de manchons afin de préserver les plants des herbivores.

 

Ft de Montmorency F-95 (parcelle 127)(mai 2004)

Panneau explicatif : En résumé, quand on détruit la forêt,

elle sera plus belle demain

               

 

         - La coupe rase. Contrairement à des affirmations répandues (surtout chez les forestiers prétendant ainsi s'inspirer de la nature), la coupe rase n'est pas la reproduction de la sylvigénèse naturelle. Plusieurs différences fondamentales semblent échapper au discernement de nos forestiers.

         a) Suite à un coup de vent ou un chablis par vieillissement le bois tombé reste sur place et protège le sol du lessivage. L'enchevêtrement des branches et des troncs assure une protection aux semis contre les herbivores. Le bois rapidement dégradé par les xylophages restitue au sol ses éléments nutritifs.

         b) En l'absence de ce chaos protecteur, le forestier a recours à des manchons plastics de couleur vive et à l'engrillagement. Lors de la coupe rase, la totalité de la masse ligneuse est évacuée et rien n'est laissé aux nombreuses espèces qui ont pour rôle le recyclage du bois. L'effondrement du nombre d'espèces est spectaculaire. La disparition des Cerambycidae, Elateridae, et autres xylophages est massive (plusieurs centaines d'espèces).

 

         La coupe rase vise à remplacer une forêt variée et hétérogène par un peuplement homogène, d' une seule classe d’âge et en général d’ une seule essence. L' avantage technique est de regrouper toutes les interventions sur un espace unique. De la plantation ou régénération, jusqu' à la coupe définitive, toutes les opérations sont rassemblées au même endroit. Arrivée à l' age d’ exploitation, la parcelle est simplement rasée et à nouveau préparée pour la rotation suivante. Comme le fait l' agriculteur qui plante des betteraves, récolte celles-ci, et l' année suivante sèmera du colza.

 

 

Ft de Fontainebleau F-77 ( parcelle 349) ( photo CPNF ).

Qui aurait pu penser qu'un jour on aurait labouré les forêts ?

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 83)(2008).

Coupe rase de  30 hectares. Futaie exceptionnelle anéantie.

 

 

-         Le labour. En général profond, il fait suite à la coupe rase. Il déstructure les horizons superficiels, détruit la strate herbacée et buissonnante. En mettant la terre à nu, il provoque un lessivage. L'impact est la destruction direct de la faune du sol et du stade larvaire de nombreuses espèces (Carabidae, Staphylinidae, Scarabeidae...). En agriculture, le labour précède les semailles de l'espèce végétale que l'on veut récolter, il freine les espèces concurrentes. Désormais en forêt, la pratique est similaire : favoriser l'essence objective.

 

 

 

Plantation de "Cèdres de l'Atlas" après coupe rase dans la parcelle 249 en Ft de Fontainebleau. Cette station était peuplée par une hêtraie. ( photo CPNP )

Que reste-t-il de la flore et de la faune originelle ?

Gausson F-22, Ft de la Perche rte D81 vers Ploeuc (2006).

A perte de vue l' épicéa a remplacé la hêtraie/chênaie originelle.

        

 

         - Substitution d'essence et monoculture. Le remplacement d'un peuplement naturel aux essences variées par un peuplement artificiel d'essences souvent exotiques ( Pin Laricio, Chêne rouge d'Amérique, Mélèze...) a pour effet direct l'élimination des espèces inféodées à la forêt d'origine. L'effondrement de la biodiversité est massif car peu d'espèces sont adaptées aux essences étrangères (sauf quelques rares espèces peu exigeantes et à large spectre écologique (Rhagium, Scolytidae, Bostrychidae). Sur les 35 essences communes dans nos forêts, seules quelques unes ont un intérêt commercial. Il est donc logique de les voir éliminées au profit de monocultures utiles.

 

 

         - Les traitements chimiques. ( sur la strate herbacée et les souches ).

         Une vaste panoplie d'herbicides permet de lutter contre les plantes indésirables qui font ombrage aux précieux semis et qui leur dispute l'espace vitale ( ronces, fougères, bruyères, mousses...). Le gyrobroyage complète la lutte. L'effet est une élimination plus ou moins complète des insectes phytophages par destruction des plantes nourricières ( Lépidoptères de toutes sortes, Chrysomelidae). Le peu d'intérêt qu'aurait pu avoir la coupe rase est anéanti par les traitements associés.

        

         -La culture en tranche d'âge et l'abattage prématuré.

          Appelée encore conversion ou traitement en futaie régulière.

 

 

Ft de Fontainebleau F-77 (parcelle 276)(1998).

La futaie régulière est à la forêt, ce que le champ de poireau est à l'agriculture.

La biodiversité est anéantie au profit d'un boisement dont l'unique objectif

est de produire des planches et de la pâte à papier.

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 268) "Gros Fouteau" (2008).

Cette réserve biologique abrite des arbres monumentaux. La régénération est régulière. Chaque arbre qui meurt et tombe, est remplacé par les jeunes sujets poussant en dessous.

 

 

         Le jeune peuplement ressemble à un alignement de rangs de maïs. Il subit plusieurs dépressages et balivages qui ne conservent que les sujets d'avenir (industriel). A chaque intervention, les arbres éliminés finissent en bois de chauffage ou pâte à papier. Rien n'est laissé à la faune spécifique du bois mort. Les sujets élus, ayant survécu aux sélections successives seront leur vie durant, surveillés étroitement. Rien ne doit altérer un tronc parfait (un trou de pic ou une branche morte font désordre) et l'âge de la coupe est déterminé en fonction du diamètre standard nécessaire à l'industrie. L'âge d'exploitation du chêne est de 180 ans alors qu'il peut dépasser le triple. Pour toutes ces opérations de sélection, le forestier remplace les acteurs naturels auxquels il supprime la ressource. La forêt calibrée, triée sur les seuls critères commerciaux est pauvre. On la divise en damier (parcelles) afin de regrouper les interventions qui seraient sinon dispersées dans l'espace. Cette parcellisation géométrique qui sépare les différents stades évolutifs normalement réunis est un non sens écologique.

 

 

 

Dicerca berolinensis Herbst.

18-24 mm.

Ft de Fontainebleau, Mare aux Fées F-77.

Espèce protégée détruite par la sylviculture.

Aegosoma scabricorne Scopoli.

28/50 mm.

Porto Vecchio, Corse F-2A.

Espèce protégée détruite par la sylviculture.

        

 

         La destruction systématique des vieux arbres ampute la forêt du stade le plus riche de son évolution. Des centaines d'espèces d'insectes disparaissent de la plupart des forêts. L'arbre dépérissant abrite une foule d'insectes qui commencent son recyclage alors qu'il est encore debout. Au niveau du tronc, des branches mortes, des cavités, un cortège d'espèces (suivi par leurs propres parasites) tire profit de cette masse végétale et accélère la décomposition (Cerambyx cerdo, Eurythyrea quercus (ci-contre), Dicerca berolinensis (ci-contre), Cetonischema aeruginosa, Liocola lugubris, Aegosoma scabricorne, Elater ferrugineus, Ampedus megerlei, Osmoderma eremita... ). Les vieux arbres se trouvent normalement répartis sur toute la forêt tout comme les clairières et leur renouvellement continu permet le maintien des espèces spécialisées.  Ce stade, qui est le plus riche devient inexistant car le forestier anticipe la sylvigénèse en abattant les arbres avant la moitié de leur espérance de vie. La forêt d'aujourd'hui est perpétuellement immature. La conservation de 3 vieux arbres au milieu d'une coupe rase n'offre aucune chance de survie à long terme aux insectes de cavité car, à la chute de ces arbres,  ne succède aucun remplaçant. Il faut donc leur prévoir des successeurs.

 

 

Ft de Fontainebleau F-77, rte de la Mare des Pressoirs

(parcelle 25)(2010). La destruction des arbres creux est une catastrophe pour la faune.

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 82) (2008)

Abattage de chêne abritant des espèces très menacées.

 

         -Les drainages. Beaucoup de forêts comportent des zones humides ou les arbres prospèrent moins bien. Ces zones sont pourtant très riches. Le forestier, soucieux de sa productivité aura recours au drainage afin d'évacuer le surplus d'eau vers des collecteurs, des canaux ou des mares faisant réservoirs. Le déplacement des zones humides a bien entendu des répercutions sur le monde aquatique qui devra migrer ou disparaître. Les mares que les forestiers aménagent  dans de nombreuses forêts sont des milieux reconstitués  moins riches que les plans d'eau originels.

 

Cetonischema aeruginosa Drury.

25-30 mm.

Marcillac-la-Croze F19.

(Col. H.Simon).

Espèce protégée détruite par la sylviculture.

Osmoderma eremita Scopoli.

25-34 mm.

Ft de Fontainebleau, la Tillaie F-77.

Espèce protégée détruite par la  sylviculture.

 

 

Mon ami François Terrasson (1939-2006) (Maître de conférence au Muséum d’ Histoire Naturelle, spécialisé en écologie forestière et dans les rapport homme/nature).

 

 

 

 

Alors que mon propos ci-dessus déclanche régulièrement les foudres des forestiers, il me disait que j’étais encore trop gentil.

Etant d’une nature plutôt mesurée, je modère volontairement mes analyses mais les forestiers ne les apprécient toujours pas.

Bordées d’injures,  d’insultes, d’imprécations, de menaces, ils me font rire. Mais je remercie tous ces forestiers de  l’ombre qui  sont d’accord avec moi mais qui sont contraints au silence sous peine de sanction.

A chaque retour  virulent, je repense à mon ami François. Ils se mettent en colère mais que peuvent-ils en face de la vérité ?

Leur discours moulé à la louche ne trompe que le naïf.

Merci François et à toi Marie-Claude de porter le flambeau. Philosophe, bon vivant, humour acidulé, malicieux, ironique, tu nous as quitté mais le message poursuit son chemin.

 

 

 

 

         Conclusion :

         Ce triste constat reflète malheureusement la réalité. Toutes les lois de protection des espèces n’auront aucun effet si on ne traite pas la cause essentielle qu'est la destruction du milieu. Le rôle de la matière bois est éliminé de l'écosystème forestier et le résultat est la disparition des organismes dont c'est l'unique ressource. A chaque stade de son développement, la forêt est épurée et la conjugaison des traitements associés transforme celle-ci en exploitation agricole. Une forêt déstructurée, traitée chimiquement, perpétuellement immature, sans vieux arbres, parcellisée par espèces et tranche d'âge est incompatible avec le maintien d'une biodiversité. Le plus grave est que la destruction de ce patrimoine naturel est durable et que toute recolonisation par les espèces disparues est illusoire car beaucoup n'ont pas la mobilité suffisante. L'ONF est informé de longue date de sa gestion destructrice mais rien ne semble entamer sa détermination à détruire un patrimoine irremplaçable. Tout le monde animal et végétal est affecté par les modifications du milieu, mais les insectes, par leur nombre d'espèces et leur spécialisation témoignent immédiatement de la qualité d'un habitat et de son histoire.

 

 

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 544)(2008)

Chênes abattus beaucoup trop jeunes.

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 275)(2008)

Gros Fouteau, réserve biologique.

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 275)(2008)

Gros Fouteau, réserve biologique.

Ft de Fontainebleau  F-77 (parcelle 282) (2008)

Gros Fouteau, réserve biologique.

 

 

 

 

 

                  Dernières Modifications : février 2013.                                                       

 

 

 

prunier.daniel@orange.fr

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