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Cicindèles atypiques.   

Georges Colas  

georgescolas@orange.fr

Daniel Prunier

prunier.daniel@orange.fr

 

 

Il existe de par le monde, des cicindèles bien différentes de nos espèces européennes

Elles étonnent par leur forme leur beauté particulière, leur taille très petite ou imposante, celles dont on dit « ah bon c’est une cicindèle ça » !

Les espèces  arboricoles  ont un aspect et un comportement  bien éloigné de nos coureuses des bords de mer ou des sentiers forestiers.

Certaines de ces cicindèles extraordinaires méritent une  présentation simple sans prétendre à l’exhaustivité scientifique.

Quelques exemples

Les cicindèles arboricoles

 

Contrairement à nos françaises, elles vivent dans les forêts sur les arbres et les buissons tant à l’état larvaire qu’à celui d’imago

Elles sont regroupées dans la sous famille des Collyrinae qui comprend deux tribus les Ctenostomini et les Collyrini

A leur tour les Ctenostomini se divisent en deux genres : les Ctenostoma et les Pogonostoma

                     les Collyrini  en deux sous tribus : la sous tribu des Collyrina  avec plusieurs genres dont les deux principaux Neocollyris et Collyris s.str 

                                                                                   la sous tribu des Tricondylina avec deux genres Tricondyla et Derocrania

                                                                          

 

Voici une espèce du genre  Ctenostoma  (Klug 1821)

 

 On est en droit d’hésiter avant d’affirmer : voici une cicindèle !

 

 

Ctenostoma maculicorne.

Junotega Kilambe 1200m,

Nicaragua.

(Col. Georges Colas, leg. Vandenbergue)

 

Ce genre est endémique d’Amérique du sud, son aire de répartition englobe les trois quarts nord de ce continent ainsi qu’une partie de l’Amérique centrale. Plus de 120 espèces ont été décrites.

Les Ctenostoma sont des insectes inféodés à la forêt néotropicale. Rares en collection comme sur le terrain, ils sont restés longtemps peu connus. Si certaines évoquent une cicindèle classique d’autres prennent un aspect formicoïde déconcertant.

Très variable en taille (de 5 mm. à 20-25 mm.) comme en forme. La couleur est un brun plus ou moins foncé tendant vers le rougeâtre. Rarement métalliques, brillantes en raison de leur sculpture élytrale très fine, leurs taches élytrales sont plus classiques avec le plus souvent les trois dessins, huméraux médians et apicaux. Diurnes, mais comme souvent chez les cicindèles certaines ont été trouvées en chasse de nuit.

Ils courent sur les branches basses des arbres et buissons ou immobiles sur une feuille ou au bout d’un petit rameau à hauteur d’homme à la recherche de proies. Leur capture reste toujours sporadique et assez exceptionnelle.

Personne ne les a jamais vu voler alors que nombre d’entre eux – dans le sous genre Procephalus (Castelnau 1834) notamment – possèdent des ailes parfaitement adaptées au vol. Certaines Ctenostoma peuvent facilement être confondues avec de grosses fourmis

 

 

 

Une espèce de Pogonostoma (Klug 1835)

 

 

Pogonostoma globicolle.

Moramanga, Madagascar.

(H. Piguet leg.  Col. Georges colas)

 

 

Espèce endémique de Madagascar ; la grande île compte plus de 95 % d’endémisme chez les insectes et ce chiffre frise les 100 % pour les cicindèles ; l’étrangeté de l’insecte n’est pas étonnante.

On a décrit plus de 100 espèces. Sa taille varie considérablement de moins de 5 mm.  Jusqu’à 25 mm. Le genre est purement arboricole, les insectes courent très rapidement sur les troncs et se cachent volontiers du côté opposé à l’observateur quand ils se sentent repérés.

Les adultes vivent sur divers troncs d’arbres des forêts primaires ou secondaires. Ce sont de redoutables prédateurs qui s’attaquent aux fourmis aux diptères aux araignées et même à leurs congénères. Ils volent presque tous et bien mieux que celles des autres genres arboricoles orientaux en particulier.

Le stade larvaire des cicindèles terrestre se déroule dans le sol dans un terrier creusé à la verticale. Celui des arboricoles au contraire se fait dans le bois mort et tendre des branches dans des tunnels creusés parallèlement aux fibres du bois. Comme les adultes, elles restent  des carnassières et non des xylophages.

La chaeotaxie particulière des élytres comprend deux sortes de soies : de longues soies sensitives et des courtes ornementales (Moravec 2007).Tout est long chez les Pogonostoma. L’insecte lui-même est très allongé, les pattes, les antennes qui dépassent souvent l’apex élytral  chez les mâles comme les palpes maxillaires extrêmement longues chez  certaines espèces.

 

 

Une cicindèle du genre Neocollyris (Horn 1901)

 

 

Neocollyris acrolia.

Kayapa-Nueva, Vizcaya North Luzon.

Philippines  (Leg. MG Felipe, Col. G.Colas)

 

 

 

Les Collyris (Fabricius 1801) ou plutôt la sous tribu des Collyrina (Naviaux 1991) comptent beaucoup d’espèces particulièrement dans le sous genre Neocollyris (Horn 1901) et on découvre de nouvelles  chaque année ou presque. Elles souvent bien difficiles à déterminer sans collection  de référence, quand on souhaite aller jusqu’à l’espèce. Ce sont toutes des Orientales, de l’Inde aux Philippines d’ouest en est, de la barrière himalayenne aux îles de la sonde du nord au sud.

On est frappé par l’habitus très étroit avec des élytres sub parallèles chez la grande majorité des individus. Leur taille varie beaucoup et peut approcher les 3 cm pour les plus grandes. Leur couleur est variée souvent bleue verte ou violet mais il existe aussi des individus bruns rougeâtre ; les dessins élytraux sont le plus souvent discrets voir absents.

Insectes diurnes appréciant la  moiteur ombragée des forêts tropicales, plutôt solitaires elles guettent leurs proies les fourmis en majorité, immobiles sur une feuille. La larve se développe  dans le cœur même de la moelle tendre des toutes petites branches. Les plantations de café en font parfois les frais

Contrairement au Pogonostoma elles volent de manière brève ; il s’agit plutôt de sauts de feuilles en branches soutenus  par les ailes et ne descendent semble- t-il jamais à terre. On est un bien loin  des longs vols soutenus de certaines de nos cicindèles des bords de mer.

 

 

 

Une cicindèle du genre Tricondyla (Latreille 1822)

 

 

Tricondyla aptera aptera.

Antalisa Isl.  Irian Jaya, Indonésie.

(leg. H. Akiyama, Col. Georges Colas)

 

 

Le territoire des Tricondylina se superpose à celui des Collyris mais ne dépasse pas à l’ouest l’extrême est des Indes et atteint, à l’est la Papouasie Nouvelle Guinée. L’insecte a donc une répartition Orientale mais aussi Australienne. Proche des Collyris on les distingue aisément par plusieurs caractères dont les plus évidents sont le pronotum avec les lobes antérieurs et postérieurs de largeur à peu près égale chez Tricondyla. Chez Collyris, le lobe antérieur est toujours beaucoup moins large que le postérieur. Les Tricondyla sont aptères et les élytres, sans épaule et fortement amincies antérieurement sont soudés ; les Collyris volent, leurs élytres s’écartent lors du vol. La couleur des Tricondyla est noire parfois marron foncée avec assez souvent de discrets reflets colorés et sans aucun dessins élytraux contrairement aux Collyris plus colorés.

La taille varie dans des proportions moindres de 12 mm  à près de 30 mm. Comme les autres arboricoles il  se rencontre sur les feuilles les troncs et les branches mais aussi à terre à la poursuite des fourmis qui forment l’essentiel de ses proies. On ne connait quasiment rien des larves. Elles doivent ressembler dans leur comportement à celui des Collyris mais étant un peu plus terrestres on ne peut l’affirmer.

Certains Tricondyla présentent un mimétisme étonnant avec certaines grosses fourmis ou d’autres hyménoptères du type guêpe. La ressemblance peut devenir encore plus étonnante avec un orthoptère « Condylodera tricondyloides » au point de les confondre sur le terrain (Naviaux 2012). La partie antérieure de cet insecte peut aussi évoquer de profil une Mantidae.

 

 

Les Derocrania (Chaudoir 1860) sont proches des Tricondyla. Plus petits en moyenne, plus fins voir filiformes, le prothorax est particulièrement très long et étroit. Les deux genres se distinguent formellement par des détails anatomiques plus complexes comme la forme du vertex et l’édéage. On ne compte que 16 espèces d’où une certaine rareté dans les collections. L’aire de répartition semble être limitée au Sri Lanka, à l’Inde méridionale et du sud.

 

Pour de plus amples renseignements on pourra consulter :

                   Les Collyris (Coleoptera, Cicindelidae) Société Linnéenne de Lyon 1994 et son complément ; Roger Naviaux

                   Ctenostoma (Coleoptera, Cicindelidae) Mémoire de la SEF N°2, VIII.1998 ; Roger Naviaux

                   Tricondylina (Coleoptera, Cicindelidae) Mémoire de la SEF N°5, VI.2002 ; Roger Naviaux

                   Pogonostoma (Coleoptera, Cicindelidae) A monograph of the Genus Pogonostoma Vol. 1, 2007 ; Jiri Moravec

Page créée  le 2 février 2015.